
Vince est comme il le dit lui même le frère du bassiste et du chanteur, et même c’est incroyable, le beau-frère de la femme du chanteur ! Il dresse une chronique ma foi fort sympathique de notre déplacement à Blois. Un énorme merci à lui
1-Pacte au Pays de Jack Lang ou comment quatre rock’n’rolleurs sont partis à la recherche de leur étoile (tex) dans le ciel de l’avenir…
On me demande d’écrire une chronique sur ce que j’ai vécu le week-end dernier à Blois lors du concert du groupe 1-Pacte. Pourquoi moi ? Ai-je une légitimité quelconque ? Je suis le frère du bassiste et du chanteur, pour être impartial on pourrait peut-être trouver mieux. Je suis même et c’est incroyable, le beau-frère de la femme du chanteur ! Soit. Mais alors Quid ? Cur ? Quousque ?
La dernière fois que j’ai entendu mes frères jouer de la musique – remontons aux origines et j’utilise le verbe entendre – c’était il y a une bonne dizaine d’années dans le garage familial recouvert comme le furent, le sont et le seront tant d’autres, de boîtes d’œufs. Entendre… car, en ce qui me concerne, j’étais deux étages au-dessus. Pour ce qui était de voir, je me contentais de descendre à la fin des répétitions pour admirer les cannettes de bières plus extravagantes les unes que les autres et qui d’objets d’une précieuse collection sont devenues, comme tant d’autres là encore, des nids à poussière, avant d’être jetées dans l’indifférence générale il y a peu.
Donc, dix ans plus tard, à l’Etoile Tex, bar blaisois, je devais voir les changements et l’illumination devait se produire sous mes yeux et la vérité se révéler à la face du monde (peut-être plus simplement à mes oreilles seulement).
Or quelle ne fut pas ma surprise quand, là, alors, sous mes yeux, je me suis retrouvé dans une salle, à un mètre d’un garage où dormait paisiblement une Citroën BX SW GTD sans ESP ni ABS ni même radio CD RDS MP3, attendant sans doute, près des toilettes, sa copine qui se remaquillait le pare-brise.
Et la bière coulait à flot… alors, nul changement (sauf peut-être la marque de la voiture ou celle des bières) ? Tout n’est-il qu’un éternel recommencement ? Tout ce chemin pour rien ? Pourquoi être parti dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne (vers 14h30) ?
« Allons, ce n’est pas possible », me dis-je alors en moi-même ! Réexaminons les faits à la lumière des briquets de tous ces malheureux spectateurs qui mourront d’un cancer du poumon ou de la gorge d’ici quelques années.
21h : le bar est bondé ; ½ finale de rugby France-Angleterre. La population est composée majoritairement de lycéens ou collégiens qui nous montrent avec panache que ah ça non le rugby ça n’est pas le foot, c’est bien plus sportif, c’est le respect de l’adversaire, c’est l’amour du jeu, c’est la fraternité « de suite et pas dans demi-heure » (le tout prononcé bien sûr avec l’accent d’outre-Garonne), en gratifiant les Anglais d’enc*****.
Avançons…
22h30 : la France n’ira pas en finale (lieu commun du journalisme sportif)… Et 1-Pacte se met à jouer… Ambiance.
Qui donc sait alors ce qu’il fallut d’acharnement pour réchauffer cette salle qui se vidait des enfants qui avaient la permission de 22h30, ces jeunes tous promis à cette même soirée de déception et d’angoisse quand le désespoir, le désenchantement et la désillusion se donnent rendez-vous.
Qui sait encore ce qu’il fallut de rigueur et d’application à ces rock’n’rolleurs, en ligne évidemment c’est tellement mieux, bassiste à l’énergie communicative qui nous doit plus que la lumière, guitariste qui attire les « piches », batteur (6.0 ; 6.0 ; 6.0 ; 5.9 pour son triple lutz piqué double axel triple vrille et salchow de sortie de scène), et chanteur survolté.
Au bout de quelques longues minutes, l’ambiance étant là, les chansons s’enchaînaient et le public réinvestissait les lieux. Après une heure et une quinzaine de titres, la pause s’imposant, il fallut laisser place aux SCAM, « Experts » en psychiatrie (Who are they who…who…who…who ?). Quelques morceaux dont l’intéressant JC&V et retour d’1-Pacte le groupe qui ne vous laisse pas intact(e) (c’est comme « la Matmut elle assure », ça se retient). Tout repart et les titres défilent.
Me permettra-t-on d’ouvrir ici une parenthèse, je ne manquerai pas de la fermer (la parenthèse). Ceci arrive même aux meilleurs : il y a parfois certaines erreurs tantôt chez l’un tantôt chez l’autre. Le chanteur n’hésite pas alors à les faire remarquer, certes gentiment, en pleine chanson. Mais, camarades blaisois, qui vient le chambrer quand, à son tour, il se met à hésiter et à oublier ses paroles, hein ? Personne ! Messieurs, rebellez-vous, libérez-vous de ce joug, foutez-vous de sa gueule ouvertement !
Après ce vibrant appel aux camarades syndiqués de la section cordes de l’Union des Rock’n’Rolleurs en Ligne (URL), il est grand temps d’aborder la partie spirituelle de cette exhibition.
1-Pacte ne se contente pas simplement de reprendre des chansons, 1-Pacte compose également. Et parmi toutes les compositions originales dues aux talents des membres du groupe, une a retenu mon attention : « Ne ferme pas ta porte », chanson posthume de Henri Grouès baptisée initialement « C’est pas possib’ » et écrite probablement pendant l’hiver 58. Chanson à forte résonance spirituelle, chanson inspirée qui nous montre que l’essentiel c’est l’essence ciel ou alors dites tout de suite que je n’ai rien compris.
En somme et pour conclure en terminant, le résultat est à la hauteur de l’espérance (au 16) des spectateurs enthousiastes (tiens revoilà Dieu), les proprios de l’Etoile Tex sont aux anges (hum), la soirée a été divine (…) et ça ne sera pas un miracle si 1-Pacte revient à Blois ! Ils ont su nous faire oublier cette défaite que les vaincus avaient à cœur et que les vainqueurs avaient dans le ***.
Merci à eux !
Vince
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